Prévention

Quand la discrimination affecte le retour au travail

Certains salariés estiment avoir été victimes de discriminations après une période d’incapacité. C'est ce que révèle une étude de la MC qui propose des pistes concrètes pour améliorer les conditions de retour.

Publié le: 25 août 2025

Mis à jour le: 25 août 2025

Par: Sandrine Cosentino

3 min

Les personnes victimes de discriminations perçoivent leur avenir professionnel de manière plus négative.

Photo: ©AdobeStock

Mise à l’écart, reproches liés à l’absence, manque de reconnaissance, évaluation injuste… Entre 9 % et 26 % des 506 affiliés de la MC interrogés dans cette étude déclarent avoir vécu l’un ou l’autre de ces comportements discriminatoires au moment de reprendre le travail. Alors que les politiques encouragent un retour rapide au travail, les conditions de reprise sont loin d’être toujours optimales. L'étude de la MC montre que la discrimination peut entraver la dynamique de réintégration. "Il est indispensable de lutter contre les stéréotypes négatifs véhiculés sur les personnes malades de longue durée et ainsi diminuer les comportements de discrimination", conseille Hélène Henry, chercheuse au service d’étude de la MC.

Moins de confiance en l'avenir

Les données recueillies révèlent que les personnes victimes de discriminations perçoivent leur avenir professionnel de manière plus négative, et ce indépendamment de leur âge, de leur genre ou de leur niveau d’études. Réalisée en deux temps, à huit mois d'intervalle, l'étude longitudinale démontre que ce sentiment perdure dans le temps. 

Au-delà des résultats globaux, certains groupes apparaissent plus vulnérables. Les personnes d’origine étrangère, déjà confrontées à des discriminations liées à leurs origines, subissent une double peine lorsqu’elles font face à des comportements discriminatoires en lien avec leur incapacité de travail. Elles s’en sentiront d’autant plus fragilisées. Les travaux soulignent l’importance de reconnaître et prendre en compte ces discriminations multiples pour garantir une réintégration équitable.

Un droit renforcé pour mieux protéger 

En Belgique, il est interdit de discriminer sur la base de 19 critères fixés par les lois anti-discrimination adoptées en mai 2007. L'état de santé en fait partie. Ce critère a été élargi depuis 2022 : il est non seulement interdit de discriminer sur base de l’état de santé actuel ou futur mais également sur base des antécédents médicaux. "Cet élargissement de la loi, relativement récent, est important à rappeler", souligne Hélène Henry. 

Depuis 2022, il est également obligatoire pour les entreprises de mettre en place une politique de réintégration collective. Pourtant, d’après Mensura, un service externe de prévention et de protection au travail, 93 % des entreprises ne disposaient pas encore d'une telle politique deux ans après. Ce dispositif aide à encadrer les retours, anticiper les besoins d’adaptation et prévenir les tensions. Une reprise réussie contribue à prévenir les rechutes en incapacité, à préserver la santé des travailleurs et à réduire les coûts humains et économiques. 

Une responsabilité partagée entre les employeurs, les collègues et les acteurs qui, comme les mutualités, accompagnent le retour au travail.