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Prévention

Les fake news sont-elles illégales ?

En Belgique, aucune loi ne définit précisément ce qu’est une fausse information, en revanche la loi interdit la diffamation, l'incitation à la haine, les pratiques commerciales trompeuses et l'exercice illégal de la médecine.

Publié le: 27 mars 2026

Mis à jour le: 25 mars 2026

Par: Florence Marot

2 min

Une dame assise dans un aéroport regarde son passeport

Photo: ©AdobeStock// Les personnes de 65 ans et + partagent 7 fois plus de fausses informations sur les réseaux sociaux que les plus jeunes

"En Belgique, il n’existe pas de loi qui définit précisément ce qu’est une fausse information", souligne Julien Giry, en charge des questions de désinformation au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). La liberté d’expression, protégée par la Constitution, autorise chacun à partager des contenus — même erronés — tant qu’ils ne relèvent pas d’infractions prévues par la loi (diffamation, incitation à la haine, pratiques commerciales trompeuses, exercice illégal de la médecine, etc.). 

Au niveau européen, le Digital Services Act  (DSA), applicable en Belgique, encadre la diffusion de contenus problématiques en ligne, sans pour autant sanctionner la désinformation en tant que telle. Le texte cible avant tout les moyens de diffusion sur les très grandes plateformes comme Meta, TikTok, X, YouTube... "Pour qu’une situation tombe sous le coup du DSA, elle doit représenter un risque systémique, c’est-à-dire un phénomène massif et répété à l’échelle de l’Union européenne", précise Julien Giry.  

Autrement dit, le DSA ne décide pas si un contenu est vrai ou faux et n’impose pas le retrait d’un message simplement parce qu’il est trompeur. En revanche, il impose aux géants du numérique d’identifier et d’évaluer les risques liés à la désinformation, et de mettre en place des mesures proportionnées pour en limiter la diffusion et l’impact, dans le respect de la liberté d’expression. Ces mesures peuvent inclure le recours au fact-checking, la limitation des faux comptes ou des bots, la réduction de l’amplification algorithmique ou un meilleur traitement des signalements.

 

Le saviez-vous ?

Les plus de 65 ans partagent sur internet jusqu’à 7 fois plus de fausses informations que les jeunes, selon une étude parue dans la Harvard Gazette ("Why are older adults more likely to share misinformation online ?"). Ce ne serait pas dû à une mauvaise maîtrise des outils, mais à la manière dont, avec l’âge, nous nous appuyons davantage sur des cadres de pensée préétablis : nous accordons plus facilement du crédit à ce qui confirme ce que nous croyons déjà. L'étude bouscule l’idée que seuls les jeunes seraient vulnérables au numérique. La solution, avancent ses auteurs, résiderait dans une éducation au numérique tout au long de la vie, centrée sur l’esprit critique et la compréhension des mécanismes de l’information.