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Santé publique

Médicaments pour maigrir, prometteurs mais pas miraculeux

Les nouveaux médicaments par injections, comme Wegovy® ou Mounjaro®, suscitent bien des espoirs chez les patients en situation d'obésité. Mais ils sont loin de représenter une solution miracle.

Publié le: 17 avril 2026

Mis à jour le: 17 avril 2026

Par: Joëlle Delvaux

4 min

un médicament anti-obésité par injection

Photo: ©Adobestock//Se présentant sous la forme de stylo-injecteurs, ces médicaments sont disponibles sur prescription médicale.

Depuis peu, une classe de molécules bouleverse la prise en charge de l’obésité. Initialement développés pour aider au contrôle de la glycémie chez des patients atteints de diabète de type 2, les analogues du GLP-1 (glucagon-like peptide 1) se révèlent également efficaces pour perdre du poids, en reproduisant l’action de l’hormone intestinale lors de la digestion : ils stimulent la production d’'insuline, ralentissent le vidage de l’estomac, prolongent la sensation de satiété et réduisent la sensation de faim. 

Parmi ces molécules figurent le sémaglutide (Wegovy® pour l’obésité et Ozempic® et Rybelsus® pour le diabète), le liraglutide (Saxenda® pour l’obésité ou Victoza® pour le diabète) et le tirzépatide (®Mounjaro). Se présentant sous la forme de stylo-injecteurs, ces médicaments sont disponibles en Belgique sur prescription médicale mais l’assurance obligatoire ne rembourse que les spécialités destinées aux patients diabétiques de type 2, sous cette indication stricte, avec autorisation préalable du médecin-conseil de la mutualité. En effet, le mésusage de l'Ozempic a obligé le ministre fédéral de la Santé à introduire un contrôle plus strict du remboursement des médicaments destinés au traitement du diabète.
Quant aux traitements anti-obésité, il sont très coûteux — comptez environ 200 euros par mois — et entièrement à la charge du patient.

Efficacité et effets indésirables 

D’un point de vue médical, l’usage d’un médicament anti-obésité n'est indiqué que pour des personnes en obésité ou en surpoids avec comorbidités, et doit être associé à d'autres mesures comme l’adoption d’une alimentation équilibrée, la pratique d’une activité physique régulière, un suivi psychologique… Des études cliniques d'envergure montrent que la perte de poids moyenne chez ce profil de patients sans diabète est d’environ 15 %… à condition d'une adaptation du mode de vie et d’un traitement prolongé. 

Un suivi médical s’impose d'autant plus que ces traitements puissants (le dosage est plus élevé que celui prescrit dans le cadre du diabète) ne sont pas dénués d'effets indésirables. Les troubles gastro-intestinaux (nausées, vomissements, diarrhées, constipation, douleurs abdominales…) et les maux de tête sont très fréquents et constituent la principale raison d’arrêt du traitement. La perte de masse maigre (muscles) est un autre effet majeur, qui plaide pour une activité physique régulière et des apports suffisants en protéines.

Des risques graves, déjà documentés — atteintes pancréatiques, hypoglycémies — et des effets rapportés spontanément par des patients — idées suicidaires, troubles visuels, chute de cheveux — restent rares mais justifient une surveillance attentive.

Un traitement à vie ?

L’arrêt du traitement constitue l’un des points les plus sensibles. Une méta-analyse récente portant sur 37 essais cliniques montre que les patients reprennent tout le poids perdu dans les 18 mois, et quatre fois plus vite qu’après un programme de perte de poids classique. Les bénéfices métaboliques (tension, glycémie, cholestérol…) reviennent aussi quasi à leur niveau initial. 
De vraies questions restent ouvertes sur la durée optimale du traitement et les stratégies de sevrage (doses décroissantes plutôt qu'un arrêt brutal). Mais il apparaît de plus en plus que ces médicaments devraient être poursuivis sur le long terme, voire à vie, pour maintenir leurs effets bénéfiques. 

Ces constats rendent difficile toute politique d’accès équitable à ces traitements, étant donné les prix exorbitants maintenus par les fabricants. Une baisse est attendue avec l'arrivée de génériques et de formes orales (comprimés), mais ce ne sera pas avant plusieurs années. Ainsi, le brevet des spécialités du sémaglutide expirera en 2031 en Europe.
Dans le contexte budgétaire belge actuel, le remboursement de ces médicaments pour lutter contre l’obésité est peu probable à court terme.