Médecine et chirurgie esthétique : quelques conseils
Si vous décidez de recourir à des interventions esthétiques, voici ce qu'il faut savoir avant de franchir le pas.
Publié le: 10 septembre 2026
Par: Joëlle Delvaux
4 min
Photo: © AdobeStock//Une intervention réalisée par un médecin compétent, dans un cadre médical strict, reste le seul gage de sécurité et de qualité.
Seuls les médecins ont le droit de pratiquer des actes de médecine et de chirurgie esthétique. Vérifiez que le médecin est inscrit à l'Ordre des médecins et possède un numéro Inami, ce qui prouve son droit d'exercer la médecine dans notre pays. Assurez-vous que le prestataire dispose des compétences et de l'expérience nécessaires. Un médecin esthétique sérieux affiche son cursus : faculté d'origine, diplômes complémentaires, années de pratique, formations continues... Si vous ne savez pas qui consulter, parlez-en à votre médecin traitant.
Méfiez-vous des réseaux sociaux
Sur TikTok ou Instagram, certains praticiens donnent l’impression qu’ils peuvent effectuer des traitements esthétiques médicaux et même les "enseigner" alors qu'ils sont dans l'illégalité. Des influenceurs et influenceuses vont plus loin encore en relayant des pratiques à haut risque comme des auto-injections avec des produits achetés sur internet.
Un médecin esthétique sérieux affiche son cursus.
Exigez un cadre médical
Ne réalisez jamais d'injections ou d'actes invasifs dans des instituts de beauté, des salons de coiffure ou des lieux non médicaux. Un cabinet de médecine esthétique doit répondre à des normes d'hygiène strictes : matériel à usage unique, traçabilité des produits injectés…
Fuyez les offres alléchantes
Les promotions agressives ou arguments uniquement financiers (notamment pour des interventions chirurgicales réalisées à l'étranger) doivent être des signaux d'alerte. La loi interdit toute publicité commerciale pour les actes de médecine, y compris esthétique. Seule l'information professionnelle objective, vérifiable et discrète est autorisée, sous conditions strictes. Les bons médecins n'ont d'ailleurs pas besoin de pub. La qualité de leur travail et leur déontologie sont leurs meilleurs outils.
Évaluez la qualité de la première consultation
Une consultation préalable à tout acte médical est obligatoire avec le médecin. Ce n’est pas une simple formalité administrative : un bon médecin prend le temps de vous examiner, de vérifier l'indication et de répondre à vos questions. Vous avez droit à une information complète et loyale sur les techniques, les résultats attendus, les risques, les complications possibles et les alternatives. Vous pouvez toujours demander un deuxième avis.
La loi interdit toute publicité commerciale pour les actes de médecine, y compris esthétique.
Soyez attentif aux prescriptions légales
Un praticien qui vous propose de réaliser une injection dès le premier rendez-vous, vous pousse à signer immédiatement pour un traitement ou minimise les risques de l'intervention n'est pas sérieux. Un devis écrit détaillé et un délai de réflexion – 15 jours obligatoires pour une chirurgie – sont indispensables pour vous permettre de donner votre consentement libre et éclairé.
En outre, toute intervention sur un mineur nécessite l'accord écrit de ses représentants légaux et une concertation préalable avec un psychologue ou un psychiatre.
Analysez le coût à votre charge
Le devis détaillé vous permet de savoir combien vous devrez débourser. Le médecin ne peut pas exiger d'acompte. À noter que l'assurance obligatoire ne rembourse pas les actes médicaux esthétiques (elle intervient sous conditions pour des actes de chirurgie reconstructrice ou réparatrice, l'autre entité de la chirurgie plastique). Les assurances santé privées n'interviennent généralement pas non plus.
Un devis écrit détaillé et un délai de réflexion sont indispensables pour vous permettre de donner votre consentement libre et éclairé.
Signalez les abus
Vous avez été témoin ou victime d'un pratique illégale ou abusive (acte réalisé par une personne non qualifiée, faute déontologique…) ? Vous pouvez déposer plainte auprès de l'Ordre des médecins ou du SPF Santé publique. La Société royale belge de chirurgie plastique recueille aussi les signalements de publicités pour des traitements esthétiques réalisés hors du cadre légal.