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Fatigue chronique

Vous souffrez de fatigue persistante ? Il s'agit peut-être d'une fatigue chronique. C'est dès lors un signal que vos limites sont dépassées et qu'il convient d'adapter votre mode de vie de toute urgence.

Tout le monde se sent fatigué à un moment ou l'autre. Mais, en général, la fatigue passe en se reposant.

Si la fatigue persiste, il peut s’agir d'un problème de santé grave qui est souvent, à tort, minimisé. La personne souffre dans ce cas d'une fatigue prolongée qui peut traîner pendant des mois, voire des années, et qui ne s'améliore pas avec le repos.

Si aucune autre explication médicale n'est trouvée à cette fatigue, on parle alors de syndrome de fatigue chronique (SFC).

Une récupération partielle se manifeste parfois après un à deux ans. Mais il arrive aussi de rester malade pendant des années. L'évolution est très variable d'un individu à l'autre.

Un encadrement spécialisé à un stade le plus précoce possible détermine dans une grande mesure l'évolution future de la maladie. La manière dont on perçoit la maladie et dont on la gère exerce, elle aussi, un impact sur son évolution.

La fatigue prolongée peut être interprétée comme un signal de l'organisme indiquant que ses limites ont été dépassées. Il n'est en général plus possible d'avoir le mode de vie qu'on avait l'habitude de mener. Il convient alors d'adapter sa façon de vivre.

Quels en sont les symptômes ?

Symptômes les plus fréquents


  • Périodes de grande fatigue et d'épuisement.
  • Sommeil non revigorant.
  • Faiblesse musculaire au niveau des bras, des jambes, du dos et du cou.
  • Longue période de récupération après un effort physique.
  • Crampes musculaires soudaines et persistantes ou douleurs musculaires à l'effort.
  • Limitation sévère des prestations mentales à cause de céphalées, vertiges, problèmes de concentration.
  • Moins bonne résistance face au stress.

Ces symptômes apparaissent même après un effort modéré et limitent fortement les activités.

Autres symptômes possibles



La fatigue chronique ne touche pas tous les patients de la même manière. Les symptômes et leur intensité peuvent fortement varier d'un individu à l'autre et chez une même personne, d'un jour ou même d’une heure à l'autre.

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Par quoi est-elle provoquée ?

La cause de la fatigue prolongée ou du syndrome de fatigue chronique (SFC) n'est pas bien définie. Des études scientifiques sont encore en cours et ont, à ce jour, fourni des données et des hypothèses très divergentes. Certains chercheurs et médecins recherchent une cause purement physique. D'autres partent du principe que des facteurs psychiques et psychosociaux jouent également un rôle.

Causes physiques


De nombreux patients situent le début des symptômes à l'issue d'une période infectieuse. Le SFC présente également des caractéristiques que l'on retrouve en cas de fatigue prolongée à la suite d'une infection. Les médecins ont ainsi été amenés à chercher différents agents pathogènes comme cause possible. Bien que l'influence d'une infection ne soit pas exclue, nous ne disposons actuellement d'aucune preuve probante attestant une origine purement infectieuse.

Plusieurs investigateurs pensent que les problèmes résultent dans certains cas d'une réaction anormale du système immunitaire à la suite d'une infection. Mais cette hypothèse n'est pas davantage étayée par des preuves scientifiques.

Facteurs de vulnérabilité


Bien que la recherche scientifique n'ait pas encore apporté de réponse définitive, certains facteurs semblent davantage être à l’origine de la fatigue prolongée :

  • expériences traumatiques antérieures (ex. abus, négligence) ;
  • problèmes psychiques (ex. surmenage, problèmes de deuil, troubles alimentaires) ;
  • mode de vie hyperactif avec dépassement éventuel des limites personnelles ;
  • caractère perfectionniste qui implique que la personne est très exigeante vis-à-vis d'elle-même.

Affection multifactorielle


Selon une autre hypothèse, la fatigue prolongée inexpliquée est une affection multifactorielle. Ce n'est pas une seule cause mais un ensemble d'éléments divers qui définit la maladie, comme la vulnérabilité physique et la résistance, les facteurs génétiques, l'entourage et une infection éventuelle.

Il ressort de plusieurs études que certaines caractéristiques liées à la personnalité et au mode de vie augmentent la vulnérabilité au syndrome. Certains médecins estiment que le surmenage physique et/ou psychique prolongé dérègle le système nerveux. Les hormones de stress sont en déséquilibre et perturbent d'autres mécanismes de régulation (ex. le rythme sommeil-éveil, le traitement central de la douleur, le système immunitaire). Des études complémentaires sont, ici aussi, nécessaires.

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Que peut-on faire soi-même ?

Identifier et placer vos limites


  • Adaptez votre mode de vie, même si ce n'est pas évident. Cherchez un nouvel équilibre qui tient compte de vos limites.
  • Soyez à l'écoute des signaux de votre organisme et réagissez de manière consciente et responsable. Les symptômes physiques ont en effet une signification.
  • Acceptez le fait que vous ne contrôlez pas tout. Des événements imprévisibles peuvent se présenter et ne doivent pas toujours être négatifs. Persuadez-vous que vous n'êtes pas totalement impuissant.
  • Malgré les symptômes et la douleur, apprenez à profiter de la vie. Attachez-vous essentiellement aux choses agréables.
  • N'acceptez pas que les autres fassent pression sur vous, même si leurs conseils sont bien intentionnés.
  • Signalez lorsqu'une conversation ou une activité ne va pas (ou plus).

Activité physique


  • Reposez-vous suffisamment, mais continuez à bouger dans les limites de vos possibilités et en concertation avec votre équipe de soins.
  • Suivez votre propre rythme et n'exagérez pas.
  • Apprenez de bonnes techniques respiratoires.
  • Évitez les exercices musculaires intenses si vos muscles sont fatigués.

Soutien psychologique


  • Essayez de trouver une aide auprès d'un médecin.
  • Discutez avec vos proches et vos amis de votre situation et de la façon dont vous vous sentez. Informez-les de votre fatigue chronique pour qu'ils puissent faire preuve de compréhension. L'entourage social joue en effet un rôle important dans le processus de guérison.
  • Entrez en contact avec des personnes dans le même cas que vous. Participez à un groupe d'entraide, par exemple, qui vous donnera l'occasion d'échanger vos expériences. Le but n'est pas de se plaindre ensemble, mais de se sentir compris et entouré.

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Comment la fatigue chronique peut-elle être prise en charge ?

Diagnostic


En 1994, des scientifiques ont défini des critères pour le SFC. Ils portent notamment sur une série de symptômes qui doivent se manifester pendant un minimum de six mois consécutifs.

Nous savons aujourd'hui que la fatigue chronique est plus qu'un ensemble de symptômes et que le problème nécessite une approche individuelle.

Pour un premier entretien, prenez contact avec votre médecin généraliste. Il pourra éventuellement vous envoyer chez un spécialiste pour des examens complémentaires. Si vous êtes malade depuis plus de six mois, il pourra dans certains cas être utile de passer quelques examens comme un test du sommeil.

Approche multidisciplinaire


Les médecins sont unanimes pour dire que plusieurs disciplines doivent intervenir au niveau de la prise en charge. L'objectif consiste à aider le patient le mieux possible dans les différents aspects de la maladie et à concourir à une amélioration la plus rapide possible. Et ce, en tenant compte des symptômes physiques comme des éventuels aspects psychiques et psychosociaux de la maladie.

Tout comme il n'existe pas d'explication bien définie à la cause précise de la maladie, il n'existe pas davantage de traitement unique. Les instances internationales et nationales recommandent aujourd'hui un traitement multidisciplinaire, dans le cadre duquel plusieurs disciplines proposent leur aide. La résistance physique est progressivement développée grâce à l'entraînement. La thérapie cognitivo-comportementale apprend à gérer les symptômes de manière adéquate et à avoir une autre vision de la problématique.

Les résultats des divers traitements sont variables. Ce qui pour l'un constitue une voie d'amélioration ne l'est pas nécessairement pour un autre. Le meilleur choix sera opéré en concertation avec le médecin généraliste, d'autres spécialistes et le patient. Il est également essentiel que l'entourage soit bien informé et participe éventuellement au traitement.

Nouvelle convention de rééducation


L'accord entre l'Inami et les centres de référence, à qui l'on peut s'adresser pour le diagnostic et les conseils de traitement, a pris fin.

Une nouvelle convention de rééducation devrait entrer en vigueur, en vertu de laquelle le rôle de la première ligne sera centrale : les soins commenceront chez le médecin généraliste, qui peut envoyer chez le spécialiste. Grâce à un diagnostic et à un traitement précoces, on souhaite éviter que la fatigue prolongée ne persiste plus de six mois et évolue en maladie chronique.

Conseils


  • Ne vous confiez pas uniquement aux professionnels de santé, mais prenez personnellement une part active au processus de guérison.
  • Tenez compte des implications financières lors du choix d'un traitement.
  • Soyez ouvert à une admission si un encadrement ambulatoire apporte des résultats insuffisants.
  • Contactez le Service social de la MC si vous souhaitez des soins à domicile.

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Direction médicale de la Mutualité chrétienne - 08/06/2016

Voir aussi


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