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Hyperventilation

Une personne qui fait de l’hyperventilation respire inutilement vite ou trop profondément. D’une part, cela augmente l’apport en oxygène dans le sang et d’autre part, on expire une plus grande quantité de dioxyde de carbone (gaz carbonique ou CO2). C’est principalement ce dernier phénomène qui peut provoquer un certain nombre de désagréments, car le dioxyde de carbone modifie le taux d’acidité dans le sang.

Quels sont les symptômes de l'hyperventilation ?

L’hyperventilation prend souvent la forme d’une affection chronique. On ne peut parler d’une crise aiguë que dans dix pour cent des cas. Les deux formes sont inoffensives, bien que les crises aiguës laissent souvent penser le contraire.

Crise aiguë


Une crise aiguë d’hyperventilation peut entraîner une multitude de problèmes gênants. Certains sont comparables aux sensations que l’on éprouve après avoir gonflé un matelas pneumatique avec la bouche. Les symptômes les plus fréquents sont :

  • une sensation d’oppression, souffle court, transpiration ;
  • des palpitations et une douleur dans la poitrine ;
  • la bouche sèche donnant une impression de rigidité ;
  • des vertiges ;
  • une sensation de légèreté ou de chaleur dans la tête ;
  • des picotements dans les bras et les jambes ;
  • une sensation de faiblesse dans les genoux.

Les crises sont souvent assez angoissantes. Généralement, les personnes qui font une crise d’hyperventilation sont aussi prises de panique, car elles pensent faire un infarctus. Pourtant, une crise d’hyperventilation n’est pas vraiment dangereuse. En effet, elle est toujours de nature passagère, dure rarement plus de dix minutes et n’entraîne pas de dommages persistants aux organes.

Affection chronique


Dans le cas d’une affection chronique, l’hyperventilation survient jour et nuit, sans que l’on remarque la respiration accélérée ou plus profonde. Les symptômes sont plus estompés et moins violents que lors d’une crise aiguë, mais sont presque constants. Les plus fréquents sont :

  • une fatigue ;
  • des maux de tête ;
  • des troubles de la concentration ;
  • des insomnies ;
  • des douleurs dorsales et abdominales ;
  • des points douloureux dans la poitrine ;
  • un sentiment d’angoisse.

Les symptômes sont assez généraux et peuvent être le signe de beaucoup d’autres maladies, ce qui rend le diagnostic exact difficile à poser.

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Quelles sont les causes de l'hyperventilation ?

Généralement, des tensions, une angoisse ou des facteurs stressants sont à l’origine aussi bien des crises que de la forme chronique d’hyperventilation. Les gens perfectionnistes et exigeants avec eux-mêmes sont dès lors exposés à un risque accru.

Les circonstances aggravantes


Certaines circonstances (pax exemple : cohue, forte pression, espace fermé, abondance de lumière) peuvent déclencher une crise en incitant l’organisme à fabriquer des hormones de stress comme l’adrénaline. C’est comme si le corps se préparait à un effort. On respire spontanément plus vite et le cœur bat aussi plus rapidement.

Autres causes


D’autres causes plus rares, peuvent causer l'hyperventilation :

  • la douleur ;
  • la fièvre ;
  • les efforts corporels intenses ;
  • un état d’épuisement ;
  • un manque d’oxygène, par exemple en montagne (dans ce cas, la victime ne peut pas souffler dans un sachet).

Peur et phobie


Les personnes qui ont déjà subi une crise d’hyperventilation redoutent souvent une nouvelle crise. Mais cette peur, et les tensions qui l’accompagnent, ne font qu’augmenter les risques de récidive.

Si les crises surviennent toujours dans les mêmes circonstances, cela peut faire naître une phobie, la personne essayant alors, par crainte, d'éviter un certain nombre de lieux ou de situations. C’est la raison pour laquelle le traitement de l’hyperventilation comprend non seulement un traitement médical mais souvent aussi un traitement psychologique.

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Que faire en cas de crise d'hyperventilation ?

Bien qu’une crise d’hyperventilation ne soit pas dangereuse en soi, il est préférable de faire le nécessaire pour la contrôler le plus vite possible ou pour éviter une crise quand on y est sujet. Dans les deux cas, l’essentiel consiste à reprendre son souffle, au propre comme au figuré.

Maîtriser une crise aiguë


Pour maîtriser une crise aiguë, il suffit de respirer plus calmement. Théoriquement, c’est possible en expirant d’abord profondément. On inspire ensuite brutalement, en comptant jusqu’à trois et on expire enfin en comptant jusqu’à six. Répétez ces mouvements jusqu’à ce que les symptômes disparaissent. Malheureusement, une crise d’hyperventilation va souvent de pair avec un sentiment de panique, de sorte qu’il n’est pas toujours facile en pratique de respirer plus calmement de façon spontanée.

Trois techniques pour bien inspirer et expirer


Il existe des techniques et dispositifs simples pour combattre une crise. Voici trois possibilités efficaces pour inspirer et expirer :

  • dans un tuyau en caoutchouc à petite ouverture (par exemple un morceau de tuyau d’arrosage de 50 centimètres) ;
  • dans un sac en papier ou en plastique, que l’on place devant le nez et la bouche ;
  • en formant avec les mains une coquille fermée devant la bouche et le nez.

En appliquant ses méthodes pendant une à deux minutes, on inspire de nouveau une partie du dioxyde de carbone, ce qui réduit les symptômes. Ceux qui souhaitent maîtriser les crises plus discrètement peuvent se procurer un appareil spécial en pharmacie. Cet appareil est plus pratique qu’un morceau de tuyau d’arrosage ou un sachet, mais il coûte beaucoup plus cher et n’est pas directement plus efficace.

Chez certaines personnes, des efforts intenses (par ex. de grandes génuflexions, la course, le saut à la corde) peuvent aider à réprimer une crise montante. En effet, ces efforts accélèrent la consommation d’oxygène, ce qui peut permettre d’éviter la crise.

Si une personne de votre entourage fait de l’hyperventilation, il est préférable que vous restiez le plus calme possible. Parlez à cette personne de manière décontractée et rassurez-la. Essayez ensuite de contrôler ensemble sa respiration.

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Quand faut-il aller chez le médecin ?

Après une crise, il est raisonnable de consulter un médecin. Il vérifiera s’il s’agissait bien d’hyperventilation et pas d’une autre affection. S’il estime être en présence d’un cas d’hyperventilation, un examen plus approfondi est nécessaire pour confirmer le diagnostic.

Dans quels cas consulter votre médecin traitant ?


Prenez contact avec votre médecin traitant si :

  • vous avez une sensation d’oppression à la poitrine qui ne disparaît pas ;
  • vous êtes très angoissé ;
  • vous pensez qu’il ne s’agit pas d’hyperventilation ;
  • les mesures que vous prenez ne sont pas efficaces.

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Comment éviter une crise d'hyperventilation ?

Pour éviter de nouvelles crises, il convient de s’attaquer aux véritables causes. Si elles sont provoquées par une mauvaise respiration, il y a lieu de corriger le schéma de respiration. Différentes méthodes existent pour vous aider.

Apprendre et améliorer la respiration


  • Vous pouvez vous adresser à un physiothérapeute, qui va surtout vous apprendre à respirer avec le ventre, et non avec la cage thoracique. Pendant le traitement, on accordera également l’attention nécessaire à la respiration plus lente et plus constante.
  • Si l’hyperventilation est provoquée par l’angoisse, le stress ou des situations menaçantes, il faut également y remédier, notamment par des exercices de relaxation, un accompagnement individuel ou des entretiens de groupe.
  • Les calmants ne constituent pas une solution. La plupart n’ont qu’un effet provisoire et risquent de créer une accoutumance. Si l’on souhaite quand même recourir à ce genre de médicaments, il est préférable d'en discuter au préalable avec son médecin.
  • Des habitudes de vie saines peuvent aussi aider à éviter l’hyperventilation. Il s’agit non seulement d’une alimentation saine et d’une activité physique régulière, mais aussi et surtout d'activités de délassement suffisantes. En effet, pour maîtriser l’hyperventilation, il faut aussi savoir reprendre son souffle au sens figuré.

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Direction médicale de la Mutualité chrétienne